pardons anticipés à Wipikedia pour la copie sauvage de cette page d'histoire ....
L'une des sept collines de Paris, appelée Champ-l'Evêque car elle appartenait au Moyen-Age à l'évêque de Paris, prit au XIIe siècle le nom de Mont-aux-Vignes,
pour les cultures que l'on y réalisait alors. En 1430, un riche commerçant du nom de Régnault de Wandonne acheta le domaine afin d'y faire
construire une maison cossue : une folie. C'est l'origine du nom de l'actuelle rue de la Folie-Régnault dans le XIe.
Deux siècles plus tard, les Jésuites acquièrent le terrain pour en faire un lieu de repos et de convalescence. La maison accueille même quelques heures le jeune roi Louis XIV venu assister sur ces hauteurs à des combats lors de la Fronde. Cet événement donnera au lieu le nom de Mont-Louis. Mais le plus illustre occupant fut François d'Aix de la Chaise (1624 - 1709), dit le Père La Chaise, confesseur du roi de France Louis XIV, qui exerça une influence modératrice sur celui-ci dans la lutte contre le jansénisme. Il y demeurera de 1675 jusqu'à sa mort en 1709.
Le comte de la Chaise, frère du père jésuite, donna de nombreuses fêtes sur le domaine, ce qui contribua à son agrandissement et son embellissement. Mais en 1762, la Compagnie de Jésus fut contrainte de céder le terrain en raison d'une dette du père de Jacy. Au fil des années, les jardins furent laissés à l'abandon et les propriétaires se succédèrent, pour revenir, le 9 Ventôse an XI au préfet de la Seine, Nicolas Frochot, contre la somme de 180 000 francs.
Avec la fermeture le 1er décembre 1780 du cimetière des Innocents, en application tardive de la loi de 1765 interdisant les cimetières en ville, Paris commençait à manquer de lieux de sépultures. Napoléon Bonaparte, alors consul, décréta
que « chaque citoyen a le droit d'être enterré quelle que soit sa race ou sa religion », réglant le cas des mécréants, des excommuniés, des comédiens et des pauvres. Au début du
XiXième siècle furent ainsi créés plusieurs nouveaux cimetières hors des limites de la capitale : le cimetière de Montmartre au nord, le cimetière de l'Est, le cimetière de Montparnasse au
sud et, à l'ouest de la ville, le cimetière de Passy.
Le préfet de Paris décréta la transformation des 17 hectares de Mont-Louis en cimetière de l'Est. La conception du cimetière fut confiée à l'architecte néo-classique Alexandre Théodore Brongniart en 1803. En tant qu'inspecteur général en chef de la deuxième section des travaux publics du département de la Seine et de la ville de Paris, Brongniart dessinera les grands axes sous la forme, pour la première fois, d'un immense jardin à l'anglaise, aux allées accidentées, pourvues d'arbres et de plantes aux essences diverses et bordées de sépultures sculptées. Il projettera des monuments funéraires dont finalement aucun ne sera réalisé, à l'exception de la sépulture de la famille Greffuhle, au style néo-gothique épuré.
Le 21 mai 1804 (1er Prairial An XII), le cimetière fut officiellement ouvert par une première inhumation : celle d'une petite fille de cinq ans, Adélaïde Paillard de Villeneuve, fille d'un porte-sonnette du faubourg Saint Antoine. Il était à l'origine destiné aux Parisiens de l'un des quatre arrondissements de la rive droite, en fosse commune ou en concession perpétuelle. Mais le cimetière n'eut pas la faveur des Parisiens, qui rechignaient à se faire enterrer sur des hauteurs, de plus hors de Paris, et dans un quartier réputé populaire et pauvre.
En 1804, le Père-Lachaise ne comptait que 13 tombes. L'année suivante, il n'y en avait que 44, puis 49 en 1806, 62 en 1807 et 833 en 1812. En 1817, pour redorer l'image du cimetière la mairie de
Paris organise le transfert des dépouilles d'Héloïse et Abélard, ainsi que de Molière et La Fontaine. Il n'en fallait pas plus : en
1830, on décomptait 33 000 tombes. Le Père-Lachaise connut à cette époque cinq agrandissements : en 1824, 1829, 1832, 1842 et 1850. Ceux-ci lui ont permis de passer de 17
hectares 58 ares (17 580 m²) à 43 hectares 93 ares (43 930 m²) pour 70 000 tombes, 5 300 arbres, une centaine
de chats, une volière d'oiseaux et deux millions de visites.
D'illustres sculpteurs et architectes feront de ce lieu un véritable musée dès le XIXème siècle: parmi eux, Guimard, Garnier, Visconti ou Barris. La chapelle ainsi que le portail principal d'alors (Boulevard de Ménilmontant) furent conçus par l'architecte néoclassique Etienne-Hyppolyte Godde en 1823 et 1825. David d'Angers créa la plupart des monuments du « Quartier des Maréchaux d'Empire ». Ce n'est qu'à la fin du siècle, en 1894 que débutèrent les travaux du colombarium et du crématorium, dans un style néo-byzantin adapté par Jean Camille Formigé.
Lors de la Commune de Paris, en mai 1871, le Père-Lachaise fut le théâtre d'une véritable guerre civile, en raison de
sa localisation stratégique sur la colline. Les Fédérés installèrent leur artillerie en plein cœur du cimetière, mais furent rapidement encerclés par les Versaillais
de Thiers d'un côté et les Allemands de l'autre. Les 147 survivants furent fusillés le 28 mai 1871 devant
le mur qui prit ensuite le nom de mur des Fédérés, au sud du cimetière.
J'ai visité ce cimetière en 1993, dans le cadre d'une formation d'Accompagnatrice de Groupes. (oui, j'ai un CV très varié !!!)
A l'époque, je ne comprenais pas l'intérêt de "visiter" des rangées de sépulctures. Mais bon, il fallait le faire.
Depuis, j'ai vieilli, j'ai mûri, et j'ai ressenti, non pas ce besoin, mais cette quête (quiet), ce besoin de calme, de sérénité, d'histoire. J'ai trouvé des visites accompagnées dans le
Pariscope, mais toujours de bonnes raisons pour ne pas y venir (notamment la plus pertinente, refaire 4 heures de parcours d'approche un jour de week end, alors que c'est déjà mon quotidien en
semaine !). Alors ça reste au stade d'envie, d'idée sortie, un jour ... peut être ...
Demain, j'irai au Père Lachaise.
Nous irons en groupe au Père Lachaise.
Malheureusement, ce ne sera pas une visite guidée.
Juste un collègue qu'on accompagnera.
Et qui ne reviendra pas avec nous, si ce n'est dans nos coeurs.
